L’EAU NE COULE PAS DE SOURCE ….

  • PANNEAU I  2016

    « Et au milieu coule une rivière… »

     

     

    On dit Sainte Foy tournant le dos à la Dordogne, c’est vers elle que je tourne mon regard à la recherche de forces nouvelles quand me gagne la mélancolie…
    Une limite, une protection, un refuge, la possibilité de se désaltérer, de se déplacer, la rivière peut également être pour l’homme d’une telle violence, emportant tout ce que celui-ci a produit pour créer son environnement, sa communication, sans aucune pitié.
    Terrain d’aventure, la mystérieuse source pétrifiante à Port Sainte-Foy fut le théâtre des décennies durant, de véritables guerres des boutons les fameuses « petites guerres », sur lesquelles l’ombre de la vraie, la Grande Guerre planait. Alors, tous à vos épées en bois…
    La Dordogne, une frontière, un passage ?

    Si on construisait un pont… (extrait de « Journal d’un Maire » de Georges Ras…)
    Bien qu’étant en Dordogne, de l’autre côté de la rivière, Port Ste Foy malgré lui a été à son tour entraîné dans la bagarre (entre Pineuilh
    et Ste Foy). Rien de plus typique à ce sujet que l’affaire des ponts. Depuis longtemps, l’ont passait par « le vieux pont », un pont suspendu plus qu’à demi branlant, pour aller de Ste Foy au Port. Les choses se passaient sans trop de difficultés, les relations entre les deux communes étant excellentes. Les 2 conseils généraux se partageaient équitablement les frais d’entretien, les poids lourds n’y passaient plus… Apparemment cela ne faisait pas l’affaire des Pineuilhais qui demandèrent une liaison directe avec l’autre rive… À peine fini, il était jugé insuffisant. Selon l’habitude, chacun se tourna vers la municipalité de Ste Foy, attendant un geste de sa part. M Lart fit la sourde oreille. Bientôt l’on s’aperçut qu’il manquait au pont quelque chose d’essentiel : l’éclairage… On l’avait simplement oublié…
    « Le nouveau pont explique M Lart (avec une feinte indifférence) est à cheval sur Pineuilh et Port Ste Foy. Officiellement, nous n’avons donc rien à y voir.
    Plus de 11 ans après sa mise en service, le nouveau pont n’est toujours pas éclairé la nuit. Il n’a d’ailleurs jamais été inauguré.

    Le barrage de Bort-les-Orgues, la rivière domestiquée… La Dordogne est sans conteste la mieux équipée de France en matière de récupération de force motrice.

    Au-dessus de St Avit du Tizac, où débouche la fontaine pétrifiante, un autre ruisseau coule : le Touron. Mais ces cours d’eau n’ont pas la force de regagner la rivière, aussi l’homme crée un lit en ouvrant le rieu, il en naîtra le Rieu ouvert ou Rieu Vert…

    «  L’analyse des sédiments de l’estuaire montre que la Dordogne, fleuve a coulé la première. La Garonne, il y a 250 000 ans, passait-elle ailleurs ? La Garonne n’est-elle pas venue rejoindre la Dordogne que beaucoup plus tardivement ? La Garonne ne serait-elle qu’un affluent de la Dordogne ?… »
    Guy Pustelnik. Rivières et vallées de France, la Dordogne. Privat. 1993

  • Panneau  II 

    «Un fleuve et des hommes »

     

    Les habitats troglodytiques : un système défensif à toute épreuve
    Au Xème siècle, la forteresse de La Roque Saint-Christophe fut édifiée pour empêcher les Vikings de remonter la Vézère. Elle est dotée d’une passerelle permettant de faire basculer dans le vide.
    Ce n’était pas un refuge temporaire, mais un lieu d’habitat constant, bien équipé et sans doute mieux protégé que bien d’autres cités.
    Des postes de guet disposés dans la vallée de la Vézère prévenaient par son de trompe de l’arrivée des envahisseurs. Non loin de là,
    La Madeleine, village du haut Moyen Âge ,fut creusé dans le rocher et fortifié pour résister aux raids vikings.

    Remontée des vikings sur la Dordogne

    Préhistoire et gallo-romain

  • Panneau  III 

    «Dordogne, voir couler ensemble et les eaux et les jours»

     

     

     

     

     

     

    LE CHEVALIER-PAYSAN DE L’AN MIL

    Un habitat aristocratique de l’an mil, second du genre actuellement connu à présenter une telle diversité et une telle qualité de conservation des vestiges en France. Il fut découvert sur la commune de Pineuilh, en Gironde, préalablement à la construction de la déviation de Sainte-Foy-la-Grande.  Il est constitué d’un îlot aménagé dans un bras mort de la Dordogne. C’est une petite éminence de terre aménagée pour installer un habitat aristocratique dont l’évolution peut être suivie sur près d’un siècle à partir de la fin du Xe siècle. En 979, un premier bâtiment de terre et de bois est construit au centre de la plateforme. Deux ans plus tard, il est agrandi et fondé sur de puissants poteaux de chêne que l’on découvre encore en place. Entouré d’eaux marécageuses, l’ensemble formant enclos est relié à la terre ferme par une passerelle dont plusieurs états de reconstruction ont été retrouvés

     

     

     

    Le site de Pineuilh est placé sur la rive gauche de la Dordogne, dans un ancien bras mort de la rivière transformé en marécage depuis environ quatre mille ans. La tourbe qui s’y est accumulée est un allié précieux des archéologues : la décomposition des matériaux organiques, tels le bois ou le cuir, y est très lente.

    Conservés en milieu humide depuis plus de mille ans, les différents vestiges de construction et les très nombreux restes de la vie quotidienne sont dans un état exceptionnel : vaisselle de bois parfois peinte, nasse de saule, peignes en buis, instruments de musique (flûtes et olifants)…
    Des quantités de graines et de noyaux de fruits en cours d’étude indiqueront bientôt les espèces consommées, sauvages ou domestiques. Un éperon, des fers à cheval, des pointes de javeline, des carreaux d’arbalètes et d’autres pièces de cavalerie et d’armement rappellent l’activité militaire et chevaleresque du lieu. De plus, la découverte de damiers et de pièces d’échec corroborent l’idée de la présence d’une aristocratie locale : originaire du sous-continent indien, diffusé par le monde musulman, ce jeu était en l’an mil réservé à l’élite.

    Fouilles préventives sur le site de Pineuilh

    Cette fouille préventive livre aux scientifiques des informations essentielles concernant la période de transition entre Carolingiens et Capétiens ; aux non spécialistes, elle apporte un nouvel éclairage sur une période encore très mal connue : celle d’un univers de « chevaliers-paysans  » qui émerge sur l’ensemble du territoire et dont le signe extérieur de pouvoir est la fortification de terre, préfigurant les mottes castrales du XIe siècle, bases de l’organisation de la féodalité.

    Détail de l’attaque d’une Motte sur la tapisserie de Bayeux

    L’excellente conservation des poteaux et des planches de bois a permis leur datation à l’année près, par dendrochronologie. Ainsi, la
    construction a débuté par le creusement du fossé, en 977 : les planches utilisées pour retenir la terre sur le bord de la plate-forme proviennent de chênes abattus cette année-là. L’année suivante a débuté l’édification du bâtiment central, qui a ensuite été agrandi à partir de 981. Pour traverser le fossé, et peut-être au-delà les terrains marécageux, deux passerelles ont été construites, vers l’est et vers le sud. Elles ont été remaniées plusieurs fois, et la dernière reconstruction permet d’évaluer la date d’abandon du site. Les piles les plus récentes de cette passerelle ont en effet été calées avec du bois de récupération provenant d’arbres abattus en 1043, soit vers les années 1060. Elle aurait donc été utilisée jusque vers 1070.

    Les fortifications en 1610

    La bastide protégée par deux ruisseaux

    Superposition du tracé des fortifications (vers 1620) sur le plan cadastral de 1980.

  • Panneau IV

    « L’eau maîtrisée »

     

     

    Tout-à-l’égout 1912 Rue Chanzy

     

    1892 : projet de réseau d’égouts

    Le pont du Mignon construit après la guerre de Crimée, déjà rongé par la rivière en 1912.

    Les quais construits en 1851

     

     

    1954, creusement du puit artésien derrière l’école maternelle

     

  • Panneau V

    «Un pays béni des Dieux»

     

    Lavoirs et moulins

     

     » Meunier, tu dors, ton moulin ton moulin va trop vite…  » comptine dans toutes nos têtes d’enfant depuis la nuit des temps

    La Roquille

    Le lavoir de Fondefière en patois, «fontaine de la foire »

    Les Bournets

    Moulin Sainte Foy

    Pineuilh: les Mangons

    Moulin d’Eynesse

    Ligueux

    Riocaud : Toi qui va à « Riou caou », ne te brûle pas en traversant le lit de la rivière chaude

    Grand Montet

    Les Chapelains. Saint André et Appelles

    Source Perrine

     

    C’est à la fin du XIe siècle que l’on observe les premières mentions de moulins à énergie naturelle en Bordelais, qui inaugurent une période d’activité dense et riche où le meunier avait une place de choix dans la société rurale. À partir du XVIIIe siècle, les progrès techniques améliorent la productivité des moulins. Puis, sous l’impulsion de la Révolution industrielle, l’introduction de la vapeur et/ou des turbines permettent de moins dépendre du régime saisonnier des rivières. L’innovation technique sécurise l’approvisionnement en farines des populations ; ce mouvement libère d’anciens moulins qui sont alors affectés à divers usages, quand d’autres sont définitivement abandonnés. Avec la mécanisation et la Révolution industrielle, cette activité a évolué : les moulins deviennent tantôt vestiges, tantôt sites patrimoniaux.
    Le lavoir est un espace public; un lieu de vie réservé aux femmes comme le café du village l’est aux hommes. C’est au XVIIIe siècle que l’on construit la première génération de lavoirs dont l’architecture va s’améliorer avec la loi de 1851 sur l’hygiène. Il peut être couvert et fermé pour protéger les lavandières des intempéries et situé naturellement à proximité d’une source en eau, le lavoir, et bien souvent l’abreuvoir en aval destiné aux animaux. L’aire de travail est souvent faite en pierres de taille et l’accès est pavé.
    Le lavoir était réputé pour être un lieu de médisance, mais la solidarité était présente, ne serait-ce que pour tordre le linge à deux en sens inverse. Les conditions de travail y étaient très pénibles : les mains des femmes,
    plongées dans l’eau froide et parfois glacée l’hiver, en ressortaient meurtries, gercées et crevassées.

    Liret . St Quentin de Caplong

    Les Saurins. St Quentin de Caplongt

    Fontaine pétrifiante de Port Sainte Foy

     

     

     

    Les lavandières : le haut du corps penché derrière leur planche pour laver le linge. Il en est resté l’expression : « se pencher sur son travail ».
    Cançon « Sorga Perrine »
    « De toute la ville et même au-delà , jusque des villes voisines
    On vient pour se baigner dans l’eau de la de la source Perrine
    Trempez-y même juste le bout du nez
    Et à coup sûr vous obtiendrez l’amour, la beauté
    (Au pire vous serez déjà un peu plus propre
    C’est déjà ça, c’est même un bon début pour ce genre de choses…)
    Depuis la vallée jusqu’en haut de la colline
    Les gens viennent pour boire de l’eau de la source Perrine
    Buvez-en même juste une goutte
    Vous deviendrez sans nul doute Millionnaire
    (Ou en tous cas moins assoiffé comme disent les lavandières…)»

    Lavoir de Garrigues

     

     

     

     

     

     

     

     

    La batellerie
    La batellerie est tuée par l’arrivée du train en 1875. Celui-ci amène la régularité que ne permettent pas les eaux« marchandes »saisonnières. La batellerie disparaît définitivement avant 1939. Quelques extractions de graviers perdureront jusqu’en 1970/1972.

  • Panneau VI

    « La pêche »

     

     

    LA PÊCHE AU SAUMON EN DORDOGNE

    À partir de 1842, de nombreuses pêcheries fixes ou mobiles s’installent dans le village de Saint Antoine de Breuilh .Les propriétaires du Château Laroque avaient organisé leur propre pêcherie pour
    procurer aux gens du domaine une nourriture aussi abondante qu’économique.

    Un contrat de louage datant de 1842 et liant le propriétaire du domaine de la Roque et son cocher fait à ce propos état d’une disposition pour le peu surprenante vue d’aujourd’hui : « Selon les usages
    locaux et courants, il ne sera pas donné à la cuisine de saumon frais plus de trois fois par semaine, de février à l’Assomption d’août… » !
    L’abondance de ce poisson et les clauses du contrat de louage le concernant, sont cependant remises en cause par Max Thibault (Un problème d’éco histoire: le saumon dans les contrats de louage, une origine médiévale : INRA avec la collaboration d’ANNE-FRANCOISE GARCON Université de RENNES). Il n’est nullement prouvé qu’à cette période le saumon ait été si abondant et le prix répertorié alors mettait le kilo de poisson
    équivalant au salaire journalier d’un employé…
    De La Bardonnie (1978) présente quelques éléments d’une copie partielle d’un vieux livre de comptes d’un pêcheur de Gardonne. En avril et en mai de 1854 à 1857, le prix du saumon est compris entre
    2 et 2,15 F le Kg pour des poissons d’un poids moyen de 5 à 6 kg à Mussidan. On peut remarquer aussi, que d’après les termes du contrat, le salaire journalier de chacun des ouvriers agricoles est de 2,05 F en 1842 et de 2,46 F en 1846, soit l’ordre de grandeur du kg de saumon vendu par le pêcheur de Gardonne. On voit mal, dans ces conditions (le prix du kg de saumon et la catégorie sociale des acheteurs), les deux employés du domaine de Laroque-vigneron nourris de saumon frais, même en provenance de la pêcherie du domaine.. D’où l’on peut déduire que la clause du contrat de louage du milieu du XIXème siècle sur la Dordogne ne correspond plus à la réalité économique du moment.
    Il est probable qu’à certaines périodes de migration les poissons stockés dans les pêcheries soient en excédent et les poissons de très petite taille pêchés en surabondance pour nourrir les cochons aient pu être servi à outrance aux
    personnels. Cependant ce procédé a pu lui aussi nuire à la reconstitution de la ressource .
    Enfin les causes religieuses (carême, jeûne) ont pu aussi expliquer cet avenant aux contrats. Selon Stouff (1970), la consommation de poisson apparaît très précisément limitée dans le temps par des facteurs d’ordre religieux : vendredi et samedi de chaque semaine aux XIV et XVème siècles en Provence, quelques jours et veilles de fêtes, 46 jours de carême du mercredi des Cendres à la veille De Pâques, soit 140 à 150 jours par an.
    Il semble que le saumon ne soit déjà en déclin fin du XIXème début XXème pour diverses raisons et en premier lieu la construction des barrages et pêche professionnelle. L’agriculture intensive et la pollution domestique ont fait le reste.
    On note qu’en 1925 la pêche intensive a fait quasiment disparaitre le saumon et sûrement avec cela la plupart des pêcheries Source : Le site d’entraide généalogie en Dordogne. Association « La Gens Filet ».
    Les espèces introduites volontairement ou pas modifient toujours le biotope soit par leur effet prédateur soit par la concurrence qu’elles mènent sur le même régime alimentaire. On peut constater qu’hormis la carpe commune que je n’ai pas citée comme introduite car elle l’est depuis si longtemps qu’on peut la considérer comme autochtone, tous sont des carnassiers. Le cas du silure est un peu à part aussi du fait de son exceptionnelle adaptation et son développement exponentiel en taille et en quantité. On commence à avoir des doutes sur la pression qu’il peut exercer sur les autres espèces et notamment les migratrices. Cependant d’autres éléments notamment climatologiques dont les effets n’ont pas encore été étudiés peuvent aussi expliquer cette modification rapide de l’état des populations

    LA POPULATION PISCICOLE de LA DORDOGNE

    LES AUTOCHTONES TRADITIONNELS

     

    Sous l’Ancien Régime, le droit de pêche appartenait, comme le droit de bac, aux seigneurs, qui le cédèrent à leurs vassaux, les seigneurs
    riverains, qui eux, pêchaient sur des longueurs de rivières bien précises, établies d’un lieu-dit à un autre. Aussi, tous ces droits prétendus se chevauchaient et provoquaient d’incessants conflits.
    En aout 1669 Colbert rédige une ordonnance réglementant les activités halieutiques autour des cours d’eau pour préserver leurs ressources.
    Sous la révolution La pêche devient libre, cela entraîne un pillage des rivières et étangs si bien que les autorités reviennent en arrière 
    le 6 juillet 1793 et le 8 frimaire An II (28 novembre 1793)
    En l’an VII (1798) L’état reprend ses droits. La rivière Dordogne alors est divisée en cantonnements, et le soin de la pêche confié à des
    fermiers sur adjudication.
    Les fermiers étant privilégiés, accordent le droit de pêche, mais se réservent celui au grand filet appelé «escave» Aussi, les pêcheurs oublient souvent de s’acquitter du montant des licences. De nombreux délits de pêche, surtout la nuit, sont constatés.
    La loi du 14 floréal An X (4 mai 1802) restitue au domaine public le droit exclusif de pêcher dans les rivières navigables.
    Un avis du Conseil d’État en 1805 redonne aux propriétaires le droit de pêche dans les rivières non navigables.
    Le 15 avril 1829 La loi relative à la pêche fluviale affirme la liberté de pêche mais réglemente les droits d’usage (développement de garde-pêches, prohibition de certains instruments de pêche, réglementation sur la taille et les espèces capturées).
    Fin du XIXème la démocratisation de la pêche à la ligne se développant avec l’avènement des chemins de fer, des sociétés de pêche à la ligne se mettent en place pour lutter contre le braconnage, la pollution et organiser des concours de pêche, se regroupant progressivement en fédérations puis en regroupements nationaux et internationaux.
    En juillet 1941, le régime de Vichy impose à tout pêcheur de s’affilier et cotiser à une association agréée de pêche et de pisciculture ainsi qu’à payer une taxe annuelle destinée à la police de la pêche et la mise en valeur du domaine piscicole, cette taxe est les prémices du permis de pêche.Créée en 1947, l’Union Nationale pour la Pêche en France et la Protection du Milieu regroupe ces différentes associations.

  • Panneau VII

    « La rivière espérance »

     

     

    « L’aiga de la Dordonha »

    Conéssi lo camin
    Que va à la Dordonha
    Dins lo prat del vesin.
    Qo’s un camin de somi.

    Los pès din l’aiga
    E lo cap dins lo vent,
    Que sentira bon dins l’aire,
    Li tornavi sovent.

    E tot jorn
    L’aiga de la Dordonha
    Miralha los casttèls
    E sus la Dordonha
    Davalan los batèls…..

    « L’eau de la Dordogne »

    Je connais le chemin
    Qui va à la Dordogne
    Par le pré du voisin.
    C’est le chemin du rêve.

    Les pieds dans l’eau
    Et la tête dans le vent,
    Ça sentait bon dans l’air,
    Et j’y venais souvent.

    Et toujours
    L’eau de la Dordogne
    Reflête les châteaux
    Et sur la Dordogne
    Les bateaux descendent…

    À ma Dordogne

    Jamais le fil de l’eau ne cesse
    Affleurant doucement les zimmes
    Butant récifs, fouillant les rives
    Charriant dans tes profonds courants
    Épaves mortes, limons vivants,
    Charriant la mort, charriant la vie
    La vie, la mort entremêlées
    En ton âme se confondant.

    Fernand Valette

     

     

    Poème de Bernard Lesfargues mis en musique par le groupe Peyraguda

    A
    La gabarra embullada

    « Brava gent de la maison,
    Se dormètz, revelhatz-vos:
    Deman es lo primier de mai… »

    Es la canson del mes de mai?
    Que s’aprèste lèu la gabarra:
    Lo cèl es pur e l’aiga clara,
    La nivol se tirlanga enlai.

    Partirà, que l’aiga l ‘apèla;
    Partirà, la pichota bau.
    Picchota, oc-ben, màs plan pron bèla
    Per nemenar tot ço que claus.

    La gabarre emmêlée

    « Braves gens de la maison,
    Si vous dormez, réveillez-vous;
    Demain c’est le premier mai… »

    C’est la chanson du mois d emai,
    Que s’apprête vite la gabarre!
    Le ciel est pur et l’eau claire,
    La nuée s’effiloche là-bas.

    Elle partira car l’eau l’appelle;
    Elle partira , la petite nef.
    Petite, oui-bien, mais assez grande
    Pour emmener tout ce qu’elle contient.

    Louis Delluc

    Ô ma Dordogne

    Quand dans le ciel l’étoile luit,
    Que le jour nous fait ses adieux,
    Et que la belle lune rousse
    S’échappe et court dans les prés

    Ô ma Dordogne
    Ô mon pays que j’aime tant
    Sur tes rives je veux venir vivre
    Et mourir

    Oh, toi, ma Dordogne, oh, toi si belle,
    Si accueillante aux amoureux
    Oh toi, si belle demoiselle
    Oh toi mon coeur en chansons

    Ô ma Dordogne
    Ô mon pays que j’aime tant
    Sur tes rives, je veux venir vivre
    Et mourir ! 

    Série télévisée 1995.
    Josée Dayan

    « La masse du fleuve n’est autre chose que l’ensemble des ruisseaux visibles ou invisibles successivement engloutis . »
    Élisée Reclus, Histoire d’un ruisseau

    7 mai 1904. Le docteur Rouhet (de Duras) adepte de la gymnastique et du retour à la nature fait une démonstration en bas du pont.

    Grotte située sur la commune de Port Sainte Foy

    Histoire vraie.
    Ils sont plusieurs amis à regarder l’un des leurs attraper une friture sur les quais, arrive un touriste. Le fond de la rivière fait une marche, « le tran ». Un bon endroit pour les poissons mais aussi pour s’accrocher. Ce qui arrive.
    « Tiens, dit Charlot , tu as attrapé le sous-marin  »
    « 40 ans plus tard les boches nous emmerdent encore » répond le pêcheur.
    « Le sous-marin? » se permet le touriste.
    « Ben, oui, le sous-marin qui allait attaquer la poudrerie de Bergerac » enchérit un spectateur.
    « Il a coulé ici » poursuit-il.
    « Comment savez-vous cela  ?» insiste le curieux.
    « Pas difficile, les phares sont restés allumés un mois » complète un autre.
    Comprenant que l’on se moquait de lui, le touriste a tourné le dos et regagné la ville.

  • Panneau VIII

    « La rivière de nos amours»

     

     

     

    Les loisirs

    Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, avec le développement du train puis de l’automobile, la mode des bains de mer se développe. La plage cesse progressivement d’être un espace médical pour devenir un lieu de sociabilité et de distractions, d’abord pour une clientèle aristocratique, puis se démocratise tout au long du XXe siècle, grâce à l’apparition des congés payés.
         D’abord réservé à la mer, pour les plus fortunés, des lieux de baignades apparaissent dans les campagnes ou les villes, au bord des lacs ou des rivières : comme la plage de Guyenne à Sainte-Foy-la-Grande ou la plage de Pessac-sur Dordogne.
         Entre 1920 et 1930 la France va lancer la construction d’une vingtaine de piscines publiques mettant en avant une notion de jeu, de sport et de plaisir.
         En 1924, nait la première piscine conçue uniquement pour la natation et le jeu. C’est au début des années 1960 que Sainte-Foy-la-Grande se dote d’une piscine municipale.
         Les premières piscines privées, considérées comme un signe extérieur de richesse apparaissent et ne vont pas cesser de se multiplier depuis.
         Aujourd’hui la plage de Guyenne s’appelle Plage des Bardoulets et accueille tous les étés les animations de Cap33 pour les enfants et les familles.
         Le passeur, disparu depuis longtemps, a été remplacé par le Rivedor : bateau promenade mis en service en 1999 sur la Dordogne.

    Les Sports nautiques  :
         Parallèlement aux activités de loisirs se développent des activités purement sportives comme l’aviron.
    Le Club Nautique Foyen est fondé en 1911 à l’initiative de Henri Barrière et s’installe en 1934 sur le site de Cléret à Port-Sainte-Foy où il se trouve encore aujourd’hui.
    Son palmarès tant au niveau national qu’international est remarquable :
    – 2 vice champions du monde.
    – 2 vice champions d’Europe.
    – 23 champions de France.

    C’est également au milieu des années 60 qu’apparaissent les clubs de canoë-kayak : à Port-Sainte-Foy, Pessac-sur-Dordogne, Saint-Antoine-de-Breuilh. Cette discipline a également obtenu avec les clubs de la région de nombreux titres nationaux et mondiaux.
    Pour les sportifs amateurs et les familles de belles ballades sur la Dordogne en canoë ou en rabaska (bateau d’origine Amérindienne très stable pouvant accueillir 15 personnes) sont possibles. Chaque année en juin le marathon est organisé au départ de Port-Sainte-Foy (St Aulaye – Pessac-sur-Dordogne – Castillon)..

  • Panneau IX

    « Source de vie »

     

     

    Mare au chanvre, St Avit St Nazaire

    L’Eau, le Chanvre et le Rouissage

    « Jusqu’au XXe siècle, la plaine du Seignal est en grande partie inondable ; certaines zones sont marécageuses.
    Beaucoup de terres non submersibles sont consacrées à la culture du chènevis. On en tire le chanvre dont la tige donne de longs fils que l’on tisse pour faire des draps ou que l’on entortille pour obtenir des ficelles et des cordes. »
    LE CHANVRE
    Originaire d’Asie centrale, le chanvre ,Cannabis sativa , est cultivé depuis plus de 8000 ans pour sa fibre textile et sa graine oléagineuse. Au cours des siècles, l’utilisation de la fibre pour la fabrication de toiles, de voiles et cordages, de sacs et l’extraction de l’huile ont permis un fort développement de cette culture, et ce jusqu’au milieu du 19e siècle. Puis, victime de la concurrence d’Outre-mer et de l’apparition des textiles synthétiques, son importance économique décrut rapidement. Pendant les années 50 à 70, l’utilisation du chanvre était essentiellement papetière : papiers spéciaux, fins et élastiques (papiers à cigarettes, papiers techniques…).
    ROUISSAGE
    Le rouissage est la macération que l’on fait subir aux plantes textiles telles que le chanvre, pour faciliter la séparation de l’écorce filamenteuse d’avec la tige. On fait rouir le chanvre dans un routoir ou rouissoir. Le terme rouir vient du francique rotjan, qui signifie pourrir.
    Le rouissage se pratique par immersion plus ou moins prolongée .
    Histoire : jusqu’au XXe siècle, pratiquement chaque ferme possédait son routoir appelé parfois «mare au chanvre».
    Durée : le chanvre s’arrachait en deux fois : le chanvre mâle, cueilli en juillet et août, rouissait plus promptement que le chanvre femelle qui lui n’est mûr qu’en septembre et octobre. L’extrémité des tiges rouit plus lentement que les parties voisines de la racine, les gros brins exigeant moins de temps que les petits. La moyenne pour le rouissage du chanvre est de 8 à 10 jours en mai, de 6 à 8 jours en août et de 10 à 12 jours en octobre.
    Le rouissage est suffisant quand les fibres se séparent facilement les unes des autres sur toute la longueur de la tige. Il était important que la fermentation soit arrêtée à ce moment, car, si elle durait plus longtemps, la filasse prenait une teinte brune et perdait sa force de résistance. Comme il est difficile de déterminer le moment exact où le rouissage est terminé, et comme, d’autre part, une fermentation trop prolongée enlève aux fibres une grande partie de leur valeur, on n’attendait jamais que la plante soit complètement rouie pour la sortir de l’eau. On achevait l’opération en l’étendant sur la prairie pendant quelques jours.

  • Panneau X

    « Traverser la rivière »

     

     

     

     

     

     

    1829 Construction du 1er pont
    1875 Ouverture du pont de chemin de fer.
    23 juin 1940 Les militaires français font sauter les ponts de Ste Foy, Pessac, Le Fleix.
    Le pont de bateaux est construit en juillet 40.
    Le pont sur pilotis (construit par le génie en novembre 1940), est emporté par une crue le 13 décembre 1940, la traversée se fait par les passeurs.
    Le pont est reconstruit en février 1942.
    8 juin 1944 Le pont est détruit par la Résistance.
    17 juin Le pont du chemin de fer est détruit par la Résistance.
    Le nouveau pont est construit en 1959.
    Le vieux pont est reconstruit en 1995 et devient le pont Montaigne.
    Le pont de la rocade est construit vers 2003.
    Projet de passerelle en 2015 entre le jardin public et la plage des Bardoulets..

  • Panneau XI

    « L’eau en colère »

     

     

    Les crues
    1783 la crue emporte une partie des remparts et crée « la brêche »
    1912 la crue
    1931 le froid
    1944 la crue
    1957 la crue
    La neige : 1956
    Le froid : 1962

     

     

     

    rue Marceau

    La Dordogne comprend 8 grands barrages et 21 barrages sur ses affluents, tous construits entre 1932 et 1967. Cela tempère les crues mais donne du pouvoir aux régulateurs du débit d’eau. Les uns accusant les autres de trop retenir d’eau au profit des touristes l’été et de l’agriculture gourmande en eau pour le tabac, maïs, etc.
    La batellerie montante jusqu’à Bergerac est depuis bien longtemps impossible.